Au mois de mars 1961, la Convention Unique des Stupéfiants de l’ONU était signée. Cette Convention oblige tous les états membres de l’ONU à interdire la production et la distribution d’un certain nombre de substances psychoactives considérées comme dangereuses pour la santé publique.
Du 21 au 25 mars, la Commission des Stupéfiants de l’ONU tiendra sa 54ème session annuelle à Vienne. ENCOD participera à cette réunion et portera le message suivant aux délégués :
Les Nations Unies doivent commencer à élaborer une stratégie alternative pour contrôler le phénomène des drogues. Une stratégie construite sur des expériences locales et des preuves scientifiques, et non sur des principes moraux complètement déconnectés de la réalité. En tant que citoyens du monde affectés et préoccupés par le sujet des drogues de différentes façons, nous exigeons des Nations Unies qu’elles mettent un terme à cette guerre pour commencer à chercher des alternatives effectives et rationnelles.
Alors que le sujet des SACD, systèmes alternatifs de contrôle des drogues non basés sur la prohibition, a déjà été discuté dans le Rapport Mondial des Drogues, et a été mentionné par le précédent Directeur Général, Mr Costa, sur son blog, ce sujet fondamental n’a jamais figuré à l’ordre du jour du programme officiel de la Commission des Stupéfiants.
Lors de ces dernières années, ce même sujet a été traité plus souvent et de façon plus intense dans les médias de nombreux pays. C’est même devenu un thème important des élections dans l’état de Californie.
Cette tendance va se confirmer et pour nous il est clair qu’elle aboutira. Cela fait longtemps qu’il est nécessaire de débattre de la réglementation et de la valeur de la Convention des Stupéfiants de l’ONU.
En tant qu’ONG pan-européenne, ENCOD a une grande responsabilité. Nous pensons que ne pas mettre les SACD à l’ordre du jour équivaut à une négligence, et plus précisément une négligence coupable, compte tenu des connaissances actuelles sur les conséquences nuisibles de la prohibition des drogues, et sur son manque de résultats positifs.
Du fait que les gouvernements des états membres de l’ONU continueront d’être négligents, c’est le devoir des ONG de refuser de remettre encore ce débat à plus tard, et de pointer l’obligation morale des états de débattre de la réglementation des drogues lors de cette réunion, et la nécessité politique de préparer l’inévitable transition vers un système réglementé de contrôle des drogues.